Les pourritures du bois humide
La dégradation du bois appelée pourriture du bois est le résultat du développement des champignons lignivores. Le terme « lignivore » signifie qui « se nourrit du bois ».
Un fort taux d’humidité du bois est propice aux champignons lignivores. Certains champignons exigent des teneurs en eau supérieures à 30%. Seules quelques espèces se développent sous ces 30% d’humidité. La mérule en fait partie. Elle n’a besoin que de 18 à 20% d’humidité.
Un bois d’œuvre en condition normale à une teneur en eau de 7 à 14%. Donc pour qu’un champignon lignivore se développe, il faut un apport en eau supplémentaire. Les causes de cet apport sont les dégâts des eaux, un défaut d’entretien, une atmosphère anormalement humide, un défaut de construction ou rénovation. Ainsi, un bâtiment rénové selon les DTU en vigueur et surtout entretenu, ne sera pas sujet aux champignons lignivores.
On classe le bois d’œuvre en 2 catégories : résineux et feuillus. Les plus utilisés en construction, parmi les bois résineux, sont le pin sylvestre (pin du nord) et l’épicéa (sapin blanc), des bois feuillus, le chêne, le châtaignier et le hêtre.
Il faut aussi comprendre la structure du bois. Le tronc d’un arbre est composé de l’écorce, de l’aubier (bois de printemps) et en son centre le duramen (bois d’été). La substance constitutive du bois est la lignocellulose. Elle est en fait composée de 3 substances de base : la cellulose qui représente 50 à 60% de la masse, l’hémicellulose environ 20 à 30%, et la lignine pour 20 à 30%. Ces taux varient en fonction du type de bois, résineux ou feuillus. Selon la substance qui se dégrade en premier, on distingue 3 types de pourritures du bois : pourriture cubique, pourriture fibreuse et pourriture molle. Chacun de ces types de pourritures est causé par différents champignons spécifiques.
La pourriture cubique
La pourriture cubique ou « pourriture brune » est la conséquence directe des champignons lignivores qui détruisent la cellulose et de l’hémicellulose. La dégradation de la lignine est limitée. Suite à l’extraction de l’eau du bois par le champignon et la disparition de la cellulose, le bois se dessèche, se rétracte et se fracture dans le sens transversal et longitudinal, et découpant le bois en cubes. La pourriture cubique peut atteindre autant les résineux que les feuillus.
Les champignons lignivores provoquant la pourriture cubique sont nombreux. Les plus connus sont : la mérule, le coniophore des caves et l’antrodia.
Pour la mérule, il existe 7 variétés de mérules : la mérule pleureuse, la petite mérule, la mérule mince, la mérule épineuse, la mérule molle, la mérule américaine et la mérule des tropiques. La plus répandue et la plus dangereuse est la mérule pleureuse. Le coniophore compte 2 variétés : le coniophora marmorata et le coniophora puteana. Et l’antrodia comprend 4 variétés : l’antrodia vaillantii, l’antrodia xantha, l’antrodia sinuosa et l’antrodia serialis.
Les champignons lignivores de pourriture cubique ont besoin d’une humidité entre 18 et 50%.
La pourriture fibreuse
La pourriture fibreuse ou « pourriture blanche » est le résultat des champignons lignivores qui dégradent particulièrement la lignigne puis la cellulose. Le bois pourri acquiert un aspect fibreux, de plus en plus cotonneux et léger, est généralement de couleur pâle / blanchâtre. La pourriture fibreuse s’attaque surtout aux feuillus.
Les champignons lignivores de pourriture fibreuse les plus connus sont le polypore des caves (donkioporia expansa) et le coriolus versicolor.
Les champignons lignivores de pourriture fibreuse ont besoin d’une humidité supérieure à 40%.
La pourriture molle
La pourriture molle est un phénomène de dégradation par les champignons lignivores qui attaquent la cellulose du bois.
Le bois attaqué est noirâtre et de consistance molle. L’aspect est similaire à la pourriture cubique mais à faible profondeur et en plus petits cubes. La pourriture molle a une préférence pour les bois feuillus comme le chêne et le hêtre.
Les champignons les plus destructeurs sont le chaetomium globosum et le trichoderma.
Les champignons lignivores de pourriture molle ont besoin d’une humidité supérieure à 60%.
Comment prévenir les problèmes liés aux champignons lignivore ?
Pour limiter les risques, veillez à maintenir un taux d’humidité bas et une bonne ventilation dans votre habitation ou votre bâtiment. Les champignons lignivores sont des ennemis silencieux qui se développent à l’abri des regards. Cela rend leur détection parfois difficile. Soyez attentif aux signes comme une odeur forte de moisissures, des poutres noirâtres, etc. Un contrôle régulier de vos charpentes est conseillé. En cas de doute, n’hésitez pas à solliciter l’Agence du Bois pour établir un diagnostic approfondi. Nous proposons un traitement fongicide préventif ou curatif, selon les prescriptions de la certification CTB A+.
Pour appronfondir le sujet, consultez : traitement contre les champignons.
